D’ici demain midi, Acte III !

, par La Fédé

Troisième acte de l’Université Buissonnière #7 des 24 et 25 janvier à La Rochelle, avec la plénière "Travaux publics" : Comment construire des politiques en commun ?

Séance plénière N° 3/Travaux publics

Comment construire des politiques en commun ?

Jeanette Ruggeri (Collectif le Bruit du Frigo) et Jany Rouger (vice-Président de la FNCC)

Administratrice ducollectif le Bruit du Frigo, Jeanette Ruggeri a détaillé quelques actions de ce collectif qui a pour objet de « Donner de la générosité aux espaces publics, en faire des espaces de vie ». Le Bruit du Frigo a été initialement créé par Gabi Farage pour prendre en copte la parole des habitants et des usagers dans l’architecture. Il fonctionne soit en répondant à des appels d’offres publics et des commandes artistiques, soit en initiant ses propres projets subventionnés.
De longue date, ce travail de construction participative, pérenne ou éphémère, sur l’espace public se fait en concertation avec les pouvoirs publics. « Non sans difficultés, a détaillé Jeanette Ruggeri, notamment en raison de la difficulté à faire bouger les cases administratives ». Quand on crée des œuvres artistiques en forme de« refuges urbains » où le passant ou l’habitant peut dormir une nuit, relève -t-on du tourisme, de l’aménagement, de la politique de la ville ? Les cases habituelles ne correspondent pas à la réalité des pratiques.

Bruit du frigo Refuge périurbain #8 : Le Prisme

Jany Rouger lui succédait et s’est exprimé depuis sa double casquette de musicien- collecteur de cultures traditionnelles, d’élu local et d’ancien président de l’agence culturelle Poitou Charentes (aujourd’hui siégeant au CESER et vice-président de la FNCC. Il nous a livré le texte de son intervention ci -dessous.

VERS LA CO-CONSTRUCTION/ Rencontrer la culture de l’autre

D’où je parle…

Itinéraire d’un enfant de paysan, à qui l’école a permis de s’ouvrir au monde, et paradoxalement de re-découvrir sa propre culture…
Vivre les droits culturels, c’est faire l’expérience de l’altérité.
Rencontrer la culture de l’autre, c’est d’abord frapper à la porte du voisin.

L’exotisme est au coin de la rue. Quand j’ai commencé à m’intéresser à la culture de mes parents, de mes voisins, de mon canton, ce n’est pas parce qu’elle m’était familière ; elle l’était sans doute par certains aspects, mais elle m’était aussi étrangère, parce qu’elle était rejetée par l’école, et par la culture officielle. L’autre, c’est d’abord cette part de soi que l’on rejette dans les oubliettes du "culturellement correct".
Sillonner les routes paysannes de mon Bocage natal à l’écoute des "musiques au bois dormant" des violoneux, ou des parlanges des villages m’a sans doute permis de me réconcilier avec cette part de moi-même que j’avais laissée à la porte de l’école, ou abandonnée de peur qu’elle ne m’encombre sur les chemins du progrès, auquel me destinait le monde qui m’entourait.
Et se réconcilier avec soi-même, c’est épanouir sa dignité culturelle, c’est se mettre en capacité de dialogue avec l’autre. Le chemin de la rencontre de l’autre passe par la reconnaissance de l’autre qui est en soi !
Pour ce qui me concerne, c’est la rencontre avec cette culture populaire locale qui m’a aidé à rencontrer les autres cultures populaires, qu’elles soient celles de mes proches voisins ou de communautés plus lointaines.

Si les droits culturels sont ceux de la personne, et partie prenante des droits humains de chacun d’entre nous, ils sont en réciprocité ceux du respect et de la reconnaissance des autres, et de la culture de l’autre.Pourquoi introduire ainsi le sujet ? C’est que la co-construction repose d’abord sur ce respect de l’autre.
Avant de proposer des éléments sur la co-construction, quelques mots sur le parcours qui m’a nourri. Après l’engagement associatif, l’engagement en tant qu’élu.

À Parthenay : rendre le citoyen acteur.
Une politique culturelle, qui vise à développer la créativité de chacun et son ouverture au monde, est le socle fondamental de toute politique publique.
C’est pourquoi la culture n’est pas une compétence ou un secteur, mais bien une responsabilité fondamentale des pouvoirs publics.

Au sein de la FNCC : une Fédération de collectivités pour la culture
L’engagement de la FNCC pour les droits culturels, s’appuyant sur les textes de l’UNESCO.
Le texte d’orientation de la FNCC : des politiques publiques de la culture pour les personnes par les territoires.

Comment construire des politiques en commun ?
Quels sont les éléments de réussite de la co-construction des politiques publiques ?

La première étape consiste à identifier les partenaires au sein des pouvoirs publics, en fonction des projets, collectivités territoriales et représentants de l’Etat et parmi les professionnels. C’est un préalable nécessaire à une représentation légitime…
Dans le cas des SOLIMA, par exemple, les trois entités doivent être présentes à toutes les étapes de la mise en place.

Les conditions fondamentales du partenariat :
Ce qui motive la co-construction, c’est la communauté d’intérêt. Il faut que ce qui motive l’action soit partagé au même degré entre les partenaires. Ce qui implique aussi une "parité d’estime" : le rapport entre partenaires doit échapper à l’ordre hiérarchique et accepter le partage du pouvoir. Par nature, être partenaire de quelqu’un c’est accepter de renoncer à une part de ses propres conceptions et de ses propres responsabilités.
Une condition fondamentale : le temps de construire. Un partenariat exige le le temps de sa construction.

Etapes de la co-construction
Au commencement : un diagnostic partagé
En deuxième étape : les propositions d’un phasage et des actions à conduire
En conclusion : la co-construction n’est pas la co-décision. Le politique doit prendre ses responsabilités.